Episode 44

14 mai 2014. 11h01.

J’ai eu une idée stupide. Parce que j’ai pris 10 jours de congés et donc autant d’excès, je me suis dit que j’allais me dépenser un peu pour compenser.

Alors samedi, j’ai mis mes fesses dans ma voiture et j’ai filé à Décathlon. Il me fallait une tenue digne de ce nom. Courir oui, mais pas en vieux jogging ! De toute façon je n’en ai pas, affaire réglée!

Arrivée dans le rayon, j’ai craqué pour une petite brassière noire, un short et une paire de basket roses adorables. Jusqu’à ce que le vendeur m’indique que les baskets que j’avais choisies n’étaient pas du tout faites pour la course à pied. A regret, je repose la précieuse paire et je le suis à travers le magasin.

Et là je me retrouve devant des chaussures ignobles. On peut vraiment courir avec ça?
Je le remercie et commence à inspecter les paires pour trouver la moins laide.

C’est désespérant. J’attends donc que le vendeur tourne le dos pour aller discrètement chercher mes baskets roses. Il est hors de question que je me contente des espèces de trucs informes du rayon jogging!

Je trouve également un T-shirt sympa. J’essaie le tout. Heeeeeyyyy la brassière c’est pas si mal, ça plaque joliment la poitrine ! Mais bon on repassera pour le ventre et les abdos!

Je prends donc un débardeur à porter sur la brassière. Une fois tout ça terminé je flâne, reculant volontairement le moment où je devrai aller faire ma course. Là dessus je tombe sur une paire de rollers noirs magnifiques.
Je ne sais pas du tout en faire et la dernière fois que j’ai fait du patin c’était sur les fesses. Enfin qu’importe, ils sont trop jolis! Je les achète j’irai en faire plus tard ! (Quoi? Elle a acheté un objet inutile parce qu’elle l’a trouvé esthétique? La Vilaine!)

Contente de sortir avec mes achats, je me dis qu’il me faudrait une tenue pour aller avec les rollers. Un petit look années 80 ce serait Top. Ni une ni deux, je file dans une boutique.
Petit short destroy taille haute et débardeur flashy, un bandeau assorti pour les cheveux et hop je suis enfin prête. Il faudrait presque que je me trouve un walkman Sony jaune poussin avec un casque qui a les écouteurs en mousse…

Bon, je commence par la course. J’enfile le short, la brassière, le débardeur. Puis mes petites baskets d’amour. Et c’est parti! Le chrono aussi.

J’ai choisi de courir sur un sentier aménagé, le long d’un cours d’eau, ça devrait être plus agréable…

Au bout de 3 minutes je m’ennuie à mourir et je n’ai presque plus de souffle. Je me force à souffler en rythme. Olàlà ça ne fait que 5 minutes que je suis partie?

Je me force à penser à des choses agréables. Je m’imagine en maillot de bain, dans un corps de rêve type les mannequins de chez Victoria Secret sur une belle plage de sable fin… Je regarde à nouveau l’heure, 6 minutes !

Je ne pensais pas que ce serait si dur. Naïve non?

Comment font les gens pour déconnecter leur cerveau? Courent-ils réellement une heure? Le temps passe-t-il aussi lentement à chaque fois? Les questions se bousculent dans ma tête pendant que je me remémore l’époque lointaine où j’adorais pratiquer du sport au quotidien.  Bon c’est vrai que j’avais un net penchant pour les sports d’équipe. Penser stratégie, réfléchir en jouant, courir avec un but. Ah ça y est je me rappelle…je déteste le jogging!

Je regarde l’heure même si je me doute que c’est la pire chose à faire. Tiens 11 minutes.

Mais le souffle me manque encore, je sens mes muscles tirer et chauffer. J’allonge un peu la foulée. Je me pousse encore à souffler fort et en rythme. Allez j’imagine mon corps ferme et débarrassé de gras. Je me vois dans un jean moulant, puis dans mon short en jean sur mes rollers. Mais chaque pas est douloureux. 13 minutes.

Dieu que c’est long !!!

Au bout d’environ 20 minutes, un miracle s’accomplit. Je respire calmement, mes muscles sont dénoués et je cours à un rythme un peu plus soutenu. Mon cerveau m’a laissé un moment de répit. Je sens une douce chaleur en moi.
Les 25 autres minutes passent très rapidement. Je termine par un sprint fou, petit souvenir laissé par un de mes professeurs de sport.

Puis je marche, je m’étire. Je rentre et file sous une douche brûlante. C’est bon!

Plus tard, je sors boire un verre avec une copine. Dimanche matin, je me lève fraîche et dispose. Je me sens étonnamment bien et reposée. Et c’est avec le sourire que je pose le pied au sol.

AAAAAAAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhh !!!!!!!

Au secours mes mollet sont douloureux et durs comme du béton! C’est horrible, je descends mes escaliers en me tenant à la rampe comme une handicapée. J’ai du mal à poser les pieds au sol.

Le pire, c’est le lendemain, en me préparant pour le travail. J’enfile des escarpins mais je grimace à chaque pas. J’ai la démarche d’une personne qui a pris cher la veille dans son postérieur… ou qui a un balai coincé dedans! C’est ignoble! Toute la journée on me taquine, impossible de passer à côté du fait que j’ai l’air d’une idiote .

Ça m’apprendra à aller courir tiens!

Heureusement mon téléphone sonne. C’est Sonya qui me demande des nouvelles de Jules… Ah oui il faut que je lui raconte…

2 réflexions sur “Episode 44

  1. Parce que je ne suis qu’une faible femme parmi tant d’autres… dont les défauts font, à mon sens, toute la beauté 🙂 Merci en tous cas

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