Episode 41

10 Mars 2014. 12h51.

En ce moment il se produit quelque chose de merveilleux. Mes copines qui ont subi des séparations douloureuses retrouvent la joie de vivre, dans les bras d’hommes ténébreux et plus ou moins sérieux. Mais elles retrouvent le sourire, l’euphorie perdue lorsque la Terre s’était arrêtée de tourner pour elles. Et il faut dire que ça n’a pas de prix.

On a beau être tous très différents (et différentes) mais il y a des situations où nous réagissons de façon plutôt homogène. Suite à une rupture difficile, il faut retrouver la confiance en soi qu’un autre être nous a piétinée allégrement. Et pour cela chacune sa technique. Ma première copine, Louise, s’est séparée il y a environ trois ou quatre mois. Elle vivait chez sa moitié et a du se trouver un appartement en trois jours, où depuis elle vit seule avec ses chats, comme en transition dans l’attente de retrouver un vrai foyer. Oui c’est vrai, elle n’aurait peut être pas du vivre autant à travers lui, cela lui aurait évité d’avoir l’impression de tout perdre lorsqu’il a préféré sortir avec l’une de ses copines… (copine qu’elle croisait lors de soirées)

Mais en même temps elle vit l’amour par la fusion et chacune à sa façon propre de vivre ses relations. Et il faut bien dire que trois mois à entendre prononcer le prénom de son ex dans chaque conversation, alors qu’elles sont quotidiennes ou presque (oui je suis une accro au téléphone et au lien social avec les copines, et alors?? ^^) ça n’a pas été de tout repos pour mes nerfs. D’un côté je comprends et je joue la patience. De l’autre, je n’en peux plus de parler de sombre idiot ! (oui il fallait être idiot pour la laisser)

Et là, un samedi en soirée, elle recroise un jeune homme qu’elle a connu quelques deux années plus tôt. Un sportif, fêtard, qui a l’époque avait souhaité une « relation discrète » ce qui se traduit, comme chacune le sait, par une relation profonde avec un jeune homme qui ignore la présence de sa « compagne » en société (bar, boîte, ou autre) et se présente à 3 heures du matin à sa porte, plein d’affection et de bonnes intentions. Ce samedi là, ils échangent autour d’un verre. Physiquement il lui plaît toujours, ils décident de se voir. Dans sa tête elle espère inverser les rôles, et être celle qui profite de la situation. En lieu et place de ce plan brillant, elle découvre le soir du rendez vous qu’il a énormément changé. Il a préparé à dîner et discute avec elle jusqu’à n’en plus finir. Il se souvient de ce qu’elle aime boire. Et ils rient beaucoup. Le lendemain lorsqu’elle m’appelle, je n’ai pas besoin qu’elle me dise qu’elle sourit, je l’entends parfaitement à travers le téléphone.

Ce ne sera pas l’homme de sa vie, elle le sait. Elle a besoin d’autre chose, un petit truc en plus qu’il ne peut pas et ne pourra jamais lui apporter. Peut être une vision plus commune des choses. Mais il n’empêche qu’il lui fait du bien. Qu’il est beau et drôle et que ça lui suffit. Et qu’elle ne veut pas « se poser de questions ». Et moi je suis ravie pour elle.

Ma deuxième copine, Mélanie (alias Mel, on s’en serait doutés) s ‘est séparée il y a huit mois. Elle, c’était juste la fin de quelque chose, mais elle ne s’attendait pas à ce qu’il prenne la décision et que le couperet tombe aussi durement. Elle a cru ne plus aimer, mais elle a ressenti le manque. Et elle est retournée chez ses parents. Rien que pour ça… c’est pas évident!

Elle a mis du temps, mais elle a voulu absolument « retrouver quelqu’un ». Elle a présenté chaque « rencontre » à ses copines. Au total quatre garçons. Et un cinquième la semaine dernière. On croirait qu’il y a une épidémie de nouvelles relations ces temps ci. On en a parlé et après ces échecs à répétition, une volonté de plaire allée beaucoup trop loin, un retour à la sobriété a fini par payer. Elle me dit combien il est adorable et je ne l’ai pas prise au pied de la lettre. Elle me dit à quel point il lui ressemble et que leur relation est complice, et j’attends de voir. Mais hier après-midi je l’ai rencontré, sur une terrasse où je prenais le café avec mon Jules, Mel nous a rejoint avec son nouvel ami. Et il a l’air d’être aussi adorable qu’elle l’a décrit. C’est une bonne surprise.

Elle n’est plus la fille exubérante qui crie partout qu’elle « s’amuse », elle est posée, presque timide. Il est drôle et gentil, elle est réceptive et rit. Il s’entendent à merveille. Elle paraît si sereine et détendue. Elle est en accord avec elle-même. Du coup, je ris beaucoup aussi.

Enfin ma copine Marie, pour elle la rupture est plus fraîche, moins de deux mois. Elle s’est clairement fait quitter comme une vieille chaussette sale, au bout de quatre ans de relations. Et apparemment six bons mois de cohabitation avec une fille. Celle-ci comblait les attentes inassouvies de son compagnon. La grande classe.

Elle l’a très mal vécu. Et chacun de ses mots sur les dernières semaines était tourné avec le côté tranchant d’une lame de rasoir. Elle le détestait, c’était un fait, mais s’en plaignait plus que de raison et tentait à toutes de faire admettre ou comprendre à quel point c’était un être méprisable et vil. Et nous acquiescions, bien sûr. Nous avons toutes cessé de le voir et de lui parler. Nous avons écouté chacune des insultes et des reproches qu’elle a formulé contre lui. Mais pour ma part, j’avais le coeur lourd d’entendre ces mots durs sortir de sa bouche. Pas parce que je pouvais le comprendre lui. Mais parce que je savais qu’elle avait mal.

Malheureusement, une amie veut toujours qu’on prenne parti pour elle, c’est humain. Mais au final ça ne nous regarde pas vraiment, surtout si on ne veut juger personne. Qui est-on pour dire que quelqu’un est mauvais parce qu’il a fait un choix critiquable. Mais critiquable pour qui? Qui nous dit qu’il ne finira pas sa vie avec sa nouvelle amie? Ou que la notre n’a pas été à l’origine de sa fuite en avant? Ne jamais faire de supposition et ne jamais juger les autres, d’expérience ça permet d’éviter des déconvenues. On peut être là pour elle sans détester quelqu’un en contrepartie. Et sans être indifférente à la souffrance de son amie.

Et tout était dirigé contre lui. La haine et la colère ne se sont pas estompées, bien au contraire. Une seule envie, lui faire du mal. Quitte à passer une nuit avec un de ses amis (mais « ami » n’est peut être pas ici le mot adéquat…) pour qu’il l’apprenne, passer à côté de chez lui en bonne compagnie, ou appeler tout son entourage pour le démonter en bonne et due forme, sa mère y compris.

J’avais beau lui répéter que cela ne servait à rien… elle s’acharnait de toute ses forces à tenter de lui « faire payer ». Comme si quelqu’un qui construisait sa vie sans elle pouvait être vraiment affecté qu’elle se scarifie l’ego gratuitement. Elle ne l’atteindrait pas, tout simplement parce qu’elle ne comptait plus. Elle ne pouvait rien y faire. La plus belle vengeance c’est tout simplement d’être heureuse. Mais elle n’arrivait pas à comprendre. S’abaisser à faire des choses contre sa propre volonté et son estime de soi, uniquement dans le but d’atteindre l’autre, ne fait que nous avilir plus. Au mieux, elle passera pour une pauvre fille malheureuse et blessée, qui inspirera compassion ou pitié. Mais elle ne sera jamais la plus forte à ce jeu là.

Mais elle finit par avoir de la chance. Sa belle soeur venait de lui donner une petite nièce. Une jolie Flora. Je l’avais accompagnée à la maternité ce jour là (je connaissais son frère et sa belle soeur). Et j’avais vu son visage changer, lorsqu’elle avait tenu le petit être dans ses bras. Comme un élan d’amour parti du petit corps, diffusé dans ses veines, par le visage pour ensuite atteindre le coeur. Oh bien sur qu’elle allait aimer, adorer, gâter sa nièce. C’est juste que quelque part, elle réalisait qu’il y avait encore beaucoup de choses à vivre. De belles choses. Des sentiments plus nobles et des événements plus importants. Elle était toujours un peu malheureuse. Mais la vie n’était pas si dure finalement, et elle méritait tous les cadeaux qui lui restait encore à gagner.

Et ce samedi elle était avec moi. Et elle était belle. Elle rayonnait littéralement et n’a parlé que de choses légères. Et tous les regards étaient sur elle. En fin de soirée, elle avait récolté trois numéros prometteurs et des étoiles dans les yeux.

Du coup je suis presque envieuse de sa liberté et de son sourire ! Mais une seule chose à retenir. J’adore mes copines, et merci aux hommes de leur apporter bonheur, plaisir et rires!

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