Episode 27

17 décembre. 11h33.

Ce derniers jours ont été très pénibles mais je m’en remets petit à petit. Le choc a été dur à encaisser mais la vie continue et je n’ai de toute façon pas le choix. Je ne suis pas du genre à afficher ma peine sur un réseau social. Mais j’ai quand même prévenu par messages mes amies afin d’avoir un peu de réconfort, une épaule pour m’épancher et une échappatoire à ce qui m’arrive. Qu’on me change un peu les idées quoi!

Mais ce qui est étrange c’est que ce moment où j’ai eu besoin des gens a été celui où j’ai été le plus seule. C’est pas très « fun » une copine qui peut fondre en larmes à tout instant. C’est plutôt gênant de ne pas savoir quoi dire. Et apparemment les messages prennent trop de temps à être rédigés. Certaines ont perdu leur téléphone. Pire on me fait comprendre que « c’est la vie » et que « se plaindre n’arrangera rien ».

Seuls Sonya et Alex répondent présent. Mais Sonya est à l’étranger avec ses parents et n’a pu se permettre qu’un mail et Alex a déjà rencontré quelqu’un et je sens que cette nouvelle relation est importante pour lui, car il doit se remettre de l’ancienne rupture. Je sais combien il peut être fragile dans ses moments là…

Mais vers qui se tourner? Certaines filles que j’ai connu il y a des millions d’années ne daignent même pas prendre de mes nouvelles ou laissent mon message d’appel au secours en suspens. Ma famille est trop occupée à se débattre avec sa propre peine. J’ai l’impression d’être un boulet que les rares gens qui me répondent se traînent au pied.

Alors je reste seule, murée dans le silence, avec les idées qui tourbillonnent dans ma tête et la détresse qui me déchire les entrailles. Seule…désespérément seule.

Puis aujourd’hui au réveil je me suis sentie un peu mieux. La colère a pris le pas sur la tristesse. Les gens passent leur temps à énoncer de grands principes et à s’auto-récompenser d’être des « gens biens » d’êtres fidèles, d’avoir des valeurs… et au final, il s’agit seulement de pouvoir proclamer ces règles pour les imposer aux autres alors qu’on s’autorise une dérogation pour soi-même! Toutes ces filles qui m’appelaient pour des soirées quand je pouvais les animer avec ma belle humeur préfèrent détourner les yeux aujourd’hui car j’ai perdu tout intérêt à leurs yeux.

Évidemment ce sont les filles qui me tournent le dos. Mais les hommes c’est pire, ils ouvrent grand la porte au réconfort mais il y a toujours un prix sous-jacent à payer. Quels bandes d’ingrates et de profiteurs! Je ne l’oublierais pas de sitôt! Lorsque j’irai mieux et qu’on me reprochera l’éternel « tu n’appelles plus », même si je suis beaucoup trop fine pour attaquer ces filles de front, je ne leur accorderais plus que l’attention qu’elle méritent… c’est-à-dire quasiment aucune! Plus d’aide, plus de conseils, plus de prêt d’argent! Pire que tout, plus de prêt de vêtements ni de chaussures! Uniquement une froide relation d’utilisation réciproque, quand je veux sortir par exemple.

Comment on peut se dire « ami » avec les gens et les jeter comme de vieux mouchoirs usagés dès que l’occasion se présente…?

Ultime tentative, mon Jules qui, lui, a pris de mes nouvelles une fois par jour, par un appel et surtout m’a adressé un petit message chaque soir, malgré qu’il ait été en déplacement. Je l’appelle et arrive rapidement à le convaincre de passer la soirée avec moi. Heureusement il y a des bars d’ouverts, j’ai envie de sortir !

23h49. La soirée est passée à une allure folle. Après avoir enfilé une robe en soie rose de chez Sandro, un blazer noir de chez Zara et une paire d’escarpins Poppy de chez Isabel Marant (je crois que je vais finir par l’appeler Isa tellement on est intimes toutes les deux), une pochette en cuir noir vintage pour compléter le tout et je me suis rendue dans le centre ville pour le rejoindre pour un apéritif grignotage dans un bar à tapas.

La soirée fut extraordinaire. Il sut se montrer attentionné et distrayant. Nos conversations malgré le bruit furent animées. On parla de musique, de littérature, de projets et de voyages. J’ai complètement oublié mes soucis et bu des vins délicieux avec de délicats petits mets. Grand seigneur, il a bien sur insisté pour que je range ma CB à chaque fois qu’il a dégainé pour passer la sienne dans le lecteur.

On a bu, on a rit, on était assortis c’était merveilleux. On a fini par danser sur du Michael Jackson dans un bar rétro en buvant des cocktails et on est rentrés tous les deux, malgré que je travaille demain…

Ooooooooh je me sens si bien…

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