Episode 14

16 Novembre. 13h49.

Aïe… J’ai maaaaaaaaaaaaaaal au craaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaane. Le réveil est difficile. Vite une bouteille de Perrier pitié!

En pyjama, j’enfile une paire de lunette de soleil Marc Jacobs très très grosse (le moindre rai de lumière me crève les yeux), j’attache mes cheveux qui puent bien au delà du seuil de tolérance habituel et je me mets en quête d’une belle verte pour me sauver la vie (sisi!!!)

La mémoire afflue peu à peu. Oui la soirée d’hier était arrosée. Oui elle était au top… et oui je paye le prix fort pour ça aujourd’hui!

Tout a commencé quand une copine m’appelle : « Viens on sort ce soir? ». L’offre est tentante bien sur mais je n’ai pas trop envie… Elle insiste. Aucune volonté je cède!

J’enfile un jean très seyant meltin’ pot bleu foncé qui me fait des fesses d’enfer, un joli bustier Vanessa Bruno noir et une paire d’escarpins en daim couleur nude de chez André (la gamme Studio), puis j’enfile un petit blazer couleur nude également, de chez Maje. Classique mais efficace. Sexy mais pas vulgaire.

Je la rejoins dans un bar. Je prends un bus parce que je sais par avance que je ne vais pas conduire pour le retour. Tant pis je prendrais un autre bus ou je me débrouillerai autrement. Du coup, j’offre la première tournée.  Évidemment elle enchaîne avec la deuxième. On discute de tout et de rien. On rigole. On ne regarde rien autour. Enfin presque…Il y a deux jeunes hommes assis à une table un peu plus loin qui nous regardent avec insistance.

Ils finissent par nous rejoindre à notre table. Et pouf! Ils commandent une bouteille. Ils sont intéressants comme de regarder tomber la pluie un dimanche. « Vous êtes charmantes, vous faites quoi dans la vie, ah super ça a l’air intéressant, qu’est ce que deux jolies filles comme vous font toutes seules, oui nous adore la musique et le cinéma, on aimerait beaucoup vous revoir… »

J’étouffe un bâillement. On s’éclipse en promettant de rappeler très vite. Et on file dans un bar « before ». Piste de danse, presque tous les gens debout, terrasse, bon son et alcool à prix raisonnable, bref le mélange parfait entre un bar et une boite. Pas question de mettre de nouveau la main à la poche alors qu’il y a des dizaines d’hommes qui n’attendent que notre accord pour nous offrir quantité de verres!

Là, un seul objectif, rencontrer le prince caché au milieu des crapauds. Ma copine et moi on « chasse » ensemble. On lance de doux regards, de beaux sourires, on parle facilement, on rit beaucoup, on a l’air ouvertes et détendues. Et à l’intérieur on est alerte, on analyse les regards, les gestes, on calcule le taux de charme, de classe, le niveau intellectuel…

Je discute pendant une demi heure avec un garçon absolument charmant, mignon et spirituel. Il me propose d’échanger les numéros. Là je dis un grand « OUI! ». Au moment où il finit de noter le mien, il me demande de ne pas trop appeler le soir et les week end pour éviter que sa copine ne le « grille ». Je le plante là sans autre forme de procès.

Plus tard, je discute avec un autre et sous ses airs de musicien charmant se cache une absence totale de réflexion. Ses remarques sont douteuses, pas salaces ou vulgaires non, mais je n’arrive pas à décider s’il a un cerveau et qu’il joue l’idiot ou si tout simplement sa belle tête est complétement creuse et sert de leurre pour ressembler aux autres. Next.

On m’aborde une demi-douzaine de fois par des phrases du type « on s’est déjà vus quelque part? », « vous me faites penser à quelqu’un » etc. Là, je décide que c’est fini pour ce soir la drague, je rejoins ma copine et on file sur la piste de danse. On se déhanche, l’alcool fait son effet, je me sens bien, je me sens puissante, et surtout je me sens riche!

« Allez viens, je paye ma tournée! »

Une fois qu’on a fini, on file en boîte, impossible de s’arrêter. On boit, on danse, on rit. On continue de parler parfois, mais les mots viennent plus difficilement, noyés dans des effluves de whisky, rhum et autre.

5h du matin, les lumières se rallument, on devrait rentrer. Mais je meurs de faim. Il y a une boulangerie à 10 minutes à pied qui est ouverte et qui fait des petites pizza. J’en salive d’avance! Nos pieds nous font souffrir mais on se met en route. Une fois sur place on règle nos pizza qu’on dévore chaudes juste devant la boutique. On croise un ami qui a eu la même idée que nous mais qui est en voiture. Il nous raccompagne.

Et voilà aujourd’hui j’ai mal, mon estomac joue aux montagnes russes, un orchestre complet se régale dans ma tête à jouer les pires morceaux. Je me douche, histoire d’éliminer l’odeur. Je grignote quelque chose.

Je met enfin la main sur mon téléphone portable.

Vous avez 16 nouveaux messages… oh miiiiiiiiiiiiiiince, cette fois c’est décidé, j’arrête de boire!

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